La S.S.P.

La Société de Statistique de Paris par Félix Rosenfeld, président d'honneur de la SFdS

Une première Société de statistique de Paris aurait été crée en 1802, sous les auspices de l’Institut de France et du gouvernement, mais il n’en reste pas beaucoup de traces. En 1829-30, deux autres associations ont été créées : l’une éphémère, la Société libre de statistique, fondée les 3 et 11 Janvier 1830, l’autre, dont l’activité a duré plus de 30 ans, la Société de statistique universelle fondée à Paris le 23 Novembre 1829 par César Moreau, précédemment consul de France à Londres. En 1836, elle comptait 1055 membres, dont 347 parisiens, 605 provinciaux, 103 étrangers. On y trouve Ricardo, Las Cases, John Marschall, Prony, Quételet, J.-B. Say.
Le journal des travaux de la société universelle contenait des études sur les finances, le commerce, l’agriculture, la population, ainsi que sur différent pays. À partir de 1843, l’association connut des difficultés, qui s’accentuèrent avec la révolution de 1848. En 1860 elle céda la place à la Société de Statistique de Paris.

Création

La société de Statistique de paris (SSP) fondée le 14 mai 1860 à l’initiative d’éminents économistes et sociologues, des statisticiens du Bureau de la Statistique de France, ainsi que des médecins, dont L.A Bertillon, a été reconnue d’utilité publique par décret du 18 Juin 1869. Dans ses statuts, la société se proposait de « susciter dans les milieux les plus divers un intérêt pour les recherches statistiques, encourager ces recherches parmi ses membres et les faire connaître par ses publications ». Dès sa création, elle a en effet fait paraître le Journal de la Société de Statistique de Paris, publication comportant dans une première partie les communications présentées dans ses séances ainsi que les débats dont elles ont été l’objet, et dans une seconde partie « tous les faits statistiques publiés officiellement en France et à l’étranger ». Pour mieux les adapter à l’évolution de la statistique et de l’économie, les statuts de la société ont été modifiés par les assemblées du 4 mai 1872 et du 18 décembre 1968.

Les membres

Dès sa création, la SSP a réuni les personnes les plus qualifiées en statistique et calcul des probabilités, démographie, actuariat, économie, et même des médecins, des hommes politiques, des diplomates, des journalistes. En février 1861, elle a nommé des représentants étrangers. Par la suite, elle a toujours eu un nombre relativement important de membres étrangers, parmi les professeurs et les statisticiens professionnels d’Europe, d’Amérique et d’Afrique. De 157 à l’origine, le nombre de membres s’est fortement accru au fil des années jusqu'à atteindre 2000 vers la fin du siècle ; il est ensuite revenu entre 400 et 600 dans les années récentes. La durée des présidences étant limitée à un an, ce sont les généraux et les trésoriers-archivistes, dont les fonctions n’ont pas été limitées, qui ont assuré la continuité de la société.

Les activités de la SSP

L’activité de la SSP se manifestait par ses réunions-débats, la publication de son journal et par l’attribution de prix. Les réunions-débats avaient lieu tous les mois, souvent sous forme de dîners-débats, avec la communication de travaux ou de recherches sur les probabilités, la statistique théorique ou appliquée, la démographie, l’économie, l’actuariat, la finance. Tous les grands thèmes se rapportant à ces sujets ont été abordés et discutés, souvent par les chercheurs qui ont contribué à leur avancement.
  • Le journal de la SSP a publié, depuis 1860, les communications mensuelles et les débats qu’ils ont suscités, ainsi que d’autres articles inédits. Cette revue, tirée à prés d’un millier d’exemplaires, est distribuée à tous les membres de la société et est diffusée dans la plupart des pays du monde.
  • Les prix de la SSP étaient attribués, par roulement annuel, à un jeune statisticien, à un statisticien étranger d’expression française, à un statisticien français confirmé. D’autres prix portaient les noms d’anciens membres ayant laissé des legs à cet effet.
La SSP possède à la Faculté de Droit et de Sciences économiques de l’Université Paris I-Panthéon une bibliothèque dans la Salle d’études Économiques et Statistiques très riche en ouvrages et périodiques.    Extrait de F. Rosenfeld, « Histoire des Sociétés de Statistique en France », 51ème session de l’Institut International de Statistique, Istanbul, 1997 (vol 2, p527-530).