En hommage à ...



Ils ont compté pour la statistique, ils ont joué un rôle très important notamment au sein de la SFdS, nous leur rendons hommage.



Camille Duby, figure du groupe Enseignement






En 1962, à la sortie de l’ENS, Camille a été recrutée à AgroParisTech (qui s‘appelait alors Institut National Agronomique Paris-Grignon). La chaire de Mathématiques y comptait alors trois personnes. Après un détachement à l’INRA, où elle a été directrice de l'unité de biométrie au centre de Versailles, elle a été une des premières femmes professeur de l’INAP-G et a joué un rôle essentiel dans la création et le développement du département de Mathématiques, Informatique et Physique d’AgroParisTech qui forme les futurs ingénieurs à la modélisation physique et mathématique et aux nouvelles technologies numériques.

Camille laisse le souvenir d’une enseignante exigeante qui demandait et obtenait le meilleur de chaque élève et une chercheuse rigoureuse qui a réussi à installer dans le département une culture du dialogue permettant une collaboration fructueuse avec les chercheurs des autres disciplines de l’établissement. Elle a formé des générations d'étudiants en sciences du vivant à la modélisation statistique, incitant les plus motivés d'entre aux à compléter leur formation par un diplôme de statistique appliquée. Beaucoup sont devenus d'éminents biostatisticiens qui ont continué à promouvoir l'utilisation rigoureuse des méthodes statistiques en biologie. Elle a également très fortement contribué à la formation d’enseignants de mathématique et statistique appliquée.

Camille a été membre du Conseil de la SFdS, notamment en tant que représentante de la Société Française de Biométrie (SFB), et très active au sein du Groupe Spécialisé Enseignement. Camille est décédée le 22 septembre 2020, elle nous manque.



Georges Le Calvé, Président d'Honneur de la Société Française de Statistique





Georges a passé toute sa carrière à l'Université de Rennes 2. L'Université de Rennes, une des plus anciennes universités françaises, a été fondée au XVe siècle par le duc de Bretagne. Georges y a d'abord enseigné les mathématiques, puis les probabilités, avant de se consacrer assez rapidement à la statistique, travaillant notamment sur l'analyse de données multivariées, l'analyse exploratoire des données et les problèmes de métriques et de distances. En plus de travaux théoriques portant sur la norme L1, les ultramétriques et les mesures de similarité, Georges s'est passionné pour l’analyse sensorielle et s’est spécialisé dans les applications en sciences humaines. Il est décoré Officier des Palmes Académiques en 1985. Il a été vice-président de l’Université de Rennes 2 pendant plusieurs années. Au début des années 1990, il crée l’Institut Universitaire Professionnel en Génie Informatique et Statistique, qui a ensuite été transféré à l'Université de Bretagne Sud à Vannes, et dont il a été par la suite Directeur Honoraire. Retraité en 1996, à l'âge de 60 ans, il continue à participer activement aux travaux de recherche bien après cette date, en tant que Professeur Honoraire de l'Université de Rennes 2.

Georges s'est soucié tout au long de sa carrière de rencontrer des statisticiens d'autres horizons. Il a notamment organisé à Rennes plusieurs séminaires internationaux, dont, en 1992, la conférence Distancia sur les problèmes de métriques et de distances, les Journées de Statistique en 1989, pendant sa présidence de l’ASU (Association pour la Statistique et ses Utilisations), et les Journées Agro-Industrie et Méthodes Statistiques (AgroStat) en 2004 qui facilitent les rencontres et les échanges entre statisticiens et utilisateurs de statistiques dans le domaine des agro-sciences. Il a participé à plusieurs projets de coopération franco-portugaise en analyse de données multivariées et a supervisé dans ce cadre un doctorat.

Georges a été élu membre de l'Institut International de Statistique (ISI) en 1985 et a participé activement à plusieurs sessions de l'ISI (aujourd'hui ISI World Statistics Congress). Il a présidé les deux principales associations françaises de statisticiens, l'ASU de 1988 à 1990 et la Société de Statistique de Paris (SSP) en 1993, ce qui l'a conduit à jouer un rôle essentiel dans la création, en 1997, de la Société Française de Statistique qui résulte de la fusion des deux associations qu'il avait présidées et de la Société de Statistique de France (SSF). Georges, qui avait mis sa vision et son énergie au service de la communauté statistique, est nommé Président d'Honneur de la Société Française de Statistique en 2005.

En 2018, il a publié un livre sur ses souvenirs d'enfant de 7 ans lorsqu’en 1943 sa famille a été évacuée de Lorient qui, en tant que principale base allemande sur l'Atlantique, a subi de très violents bombardements des forces alliées. Il évoque son quotidien de petit citadin réfugié dans un village, Querrien, un milieu rural à forte majorité bretonne, alors qu'il ne parle que quelques mots de breton. En ces temps difficiles, le petit garçon vit de nombreuses aventures émouvantes, rarement à son avantage, que Georges raconte avec beaucoup d’humour et de philosophie. A la fin de cet ouvrage on découvre que, orphelin de guerre, Georges avait été pupille de la Nation, ce dont il ne parlait jamais.

Georges était très apprécié de ses collègues et amis. Sa jovialité, sa culture, sa bienveillance et ses merveilleux dons de conteur restent gravées dans la mémoire de tous ceux qui ont eu la chance de le croiser. Georges est décédé le 14 juillet 2020, il nous manque.



Jean Le Nouvel, défenseur infatigable de la statistique





Directeur de l'IUT de Vannes de 1990 à 2000, Jean y a commencé sa carrière en 1971. Il a été à l'origine de la création de son département STID dont il a fait une référence nationale, grâce à sa ténacité, sa volonté et sa faculté d’anticiper les développements du métier de statisticien. Il a été un précurseur dans l’utilisation de logiciels professionnels.
Défenseur infatigable de la spécialité, il s’est battu avec Marie-Jeanne Laurent-Duhamel au sein de la Commission Pédagogique Nationale de la spécialité statistique des IUT pour la préserver et la développer.
L’avenir lui a donné raison, statistique décisionnelle, Data Mining, Big Data, Science des Données, les données gouvernent la nouvelle économie.

Après sa retraite en 2007, il a continué de soutenir avec enthousiasme les activités des IUT, notamment à travers la vice-présidence de l'Association des Directeurs d'IUT qu'il a exercée pendant plusieurs années. Par ailleurs, Jean a été un membre assidu du Conseil de la Fondation la Science Statistique où il a représenté les départements STID de 1991 à 2018.

Jean a marqué la communauté des statisticiens en organisant deux congrès mémorables de la SFdS (à l’époque ASU) en 1977 puis en 1993. Le diner de l’Ile aux Moines fut un sommet festif.

Jean n’a pas été seulement le responsable que nous connaissons tous. Il a mené des travaux de recherche dans le domaine alors pionnier de l’analyse des données fonctionnelles dans la suite de Jean-Claude Deville et des toulousains Jacques Dauxois, Alain Pousse, Philippe Besse. Sa thèse soutenue en juin 1981 à Rennes sous la direction de Brigitte Escofier avait été remarquée. Mais Jean a préféré se consacrer à sa passion : l’enseignement. Jean est décédé le 20 juillet 2019, il nous manque.

 
 
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